Ce post sur le blogue de Grande dame, m’a rappelé un livre super intéressant que j’ai lu il y quelques années : Punished by rewards de Alfie Kohn. Je vous résume l’incident arrivé dans la merveilleuse famille de cette blogueuse dont j’apprécie énormément les écrits. Après un avant-midi où trois de ces fils grâce à une initiative créative de leur part, de nombreux essais, et beaucoup de plaisir réussirent à faire une pyramide à trois dans la piscine, elle leur offrit pour prolonger ce moment agréable dans l’après-midi, de leur donner chacun 5$ si ils arrivaient à inclure un quatrième étage (donc un quatrième enfant) à leur pyramide. Après quelques essais infructueux, s’en suivi entre les enfants une session de blâmage et de discorde sur qui portait la faute de l’échec et vraiment aucun bonheur ne ressorti de l’activité qui avait pourtant été porteuse de tant de rires et de plaisir le matin même.
Le principe de la carotte et du bâton est tellement bien ancré en nous qu’il nous est quasi impossible de croire qu’il n’est pas aussi efficace qu’on le croirait. Surtout lorsqu’on met l’emphase sur la carotte! Tout bon éducateur sait que promettre une carotte à l’enfant est l’autre côté (positif) de la médaille de la motivation. Mais si c’était plutôt le MÊME côté de la médaille? Après tout n’est ce pas seulement un moyen plus doux d’obtenir ce que NOUS voulons? Si l’autre côté réel de la médaille était d’aider l’enfant à trouver sa propre motivation dans le geste, soit en n’intervenant pas dutout *option qui fonctionnerait beaucoup plus souvent qu’on le croit!*ou s’il n’y arrivait pas, lui expliquer exactement pourquoi ce geste est pertinent et bon?
Dans son livre, Alfie Kohn expose que les « nananes » et toute forme de récompenses, punissent autant que retirer des privilèges ou envoyer dans le coin. En fait de nombreuses études sur le sujet ont été faite, et parfois les récompenses démotivent encore plus que les punitions!
Pourquoi? Parce que le geste accompli ne devient plus porteur de bonheur ou de satisfaction en lui-même, il devient plutôt un moyen d’atteindre une récompense. Il est sûr qu’inconsciemment, le fait d’avoir besoin d’une récompense pour accomplir une certaine tâche, diminue la valeur de cette tâche à nos yeux. Elle ne peut avoir de valeur en elle-même puisqu’on doit me donner autre chose après pour que cette activité soit digne d’être accomplie.
Combien de livres et d’articles de journaux nous ont raconté combien il fallait faire du renforcement positif pour que nos enfants agissent de manière « correcte » et fassent ce qu’ils ont à faire? Pourtant, est-ce réellement efficace à ce point? Oui ça marche les premières fois, mais après un temps, ne faut-il pas toujours augmenter la grosseur de la carotte? Si je demande à mon enfant de sortir les poubelles pour me faire plaisir, ensuite peut-être que la récompense sera une collation, un montant d’argent? Et éventuellement, ça devra peut-être être : pour avoir le droit d’aller jouer à l'ordi? N’avez-vous pas déjà lu ce genre de suggestion? Et aussi on peut remarquer combien la punition ou la récompense sont facilement interchangeables pour arriver à nos fins?
Mais disons (idée de fou comme ça) qu’on sort les poubelles parce que si on le fait pas, ça pue dans la maison, mettons! Ça s’explique à un enfant, c’est très concret. Et la raison pourquoi LUI doit le faire? Parce qu’il habite dans cette maison lui aussi, et que nous avons tous des tâches, et qu’on aime tous que ça ne pue pas, mettons. Oui vous direz que ce n’est pas la motivation du siècle, mais au moins, la raison de poser le geste est authentique, et la contribution de l’enfant au bonheur de vivre dans une maison qui ne pue pas est claire! Il ne le fait pas parce qu’il veut 3$, il le fait parce qu’il contribue, qu’il fait sa part pour notre famille, qu’il en est un membre à part entière et peut être fier que ça sente bon chez nous et qu’on y soit bien! Ça semble ridicule raconté comme ça, mais l’image qu’il a de lui-même en est réellement transformée. Et n’est-ce pas ça devenir adulte? Qui me donne une récompense quand je fais la vaisselle après le repas? Je n’en ai pas besoin, ma récompense est la satisfaction d’avoir un comptoir propre et l’esprit en paix du travail accompli! Pourquoi je n’apprendrais pas à mon enfant, tranquillement à devenir adulte? N’est-ce pas exactement ça notre rôle de parent?
Et ça va plus loin que juste lorsqu’on veut que notre progéniture accomplisse ce qu’elle a à faire, et c'est là que l'incident de la pyramide me revient à l'esprit. Imaginez un petit de 3 ans qui fait un dessin pour la première fois, il vient nous montrer son accomplissement, très fier de lui. Si nous réagissons en lui demandant de nous raconter son dessin, le dessin reste le centre d’attention et devient un moyen d’expression pour l’enfant, si par contre nous nous lançons en compliments sur les talents de notre petit dessinateur, dans la tête de l’enfant l’équation qui se fait est : dessiner = moyen d’avoir des compliments (ou faire une pyramide= moyen de faire de l'argent). Et un dessin n’aura plus jamais la même valeur par lui-même, il aura de la valeur uniquement lorsqu’il sera vu et complimenté!
En bout de ligne, qu'est-ce que nous voulons pour nos enfants? N'est-ce pas qu’ils posent des gestes significatifs, qu’ils se motivent eux-mêmes? Qu’ils ne soient pas accros de compliments et de récompenses? Qu’ils n’aient pas besoin de l’extérieur pour se donner de la valeur ou des raisons d’agir correctement?
J’avoue que c’est difficile de ne pas retomber dans les anciens patterns, c’est tellement ancré profondément dans notre cerveau, qu’on ne peut s’imaginer élever des enfants sans carottes pour les faire avancer, mais je suis convaincue que c’est possible. Et l’intervention « éducative » parentale est tellement perçue comme un geste d’amour et l’inverse comme un signe d’indifférence que nous sommes portés à expliquer, motiver et moraliser à accès, quand souvent c’est tellement contre-productif! L’observation discrète de nos enfants nous racontera souvent combien ils sont débrouillards, autonomes et capables de se motiver eux-mêmes à faire de grandes choses merveilleuses. Malheureusement, je me surprend constamment en train de vouloir ajuster et modifier la motivation de mes enfants et à vouloir leur donner des raisons supplémentaires d'agir de telle ou telle manière pour être heureux... mais selon moi, chaque petite place où je me retiens et où je n'interviens pas pour plutôt faire confiance, est un gain pour eux.
mercredi 4 juillet 2007
P comme punis
mercredi 27 juin 2007
O comme Ode
Une ode est un poème célébrant un grand événement ou un grand personnage, mais c’est aussi le nom d’une de mes revues préférées.
Ode magazine est une revue publiée en Grande-Bretagne qui parle de gens, d’actualité, d’environnement… rien de nouveau me direz-vous… mais c’est le traitement de la nouvelle qui y est complètement différent. Ode est une revue pour les optimistes intelligents (leur slogan) et au lieu de nous redire combien tout va mal, cette revue nous parle de toutes les petites initiatives qui ont lieu un peu partout sur la planète et qui tranquillement, sans faire de bruit, changent le monde. Que ce soit l’utilisation du micro-crédit en Afrique qui redonne aux paysans le pouvoir et le goût de bâtir, ou un article super intéressant sur la nouvelle culture « participative » (pensez wiki, mais x10), ou bien c’est une rencontre avec un propriétaire d’entreprise qui a instauré dans ses bureaux une façon complètement différente de fonctionner (les employés font leurs propres horaires, s’évaluent eux-mêmes, chaque décision de la compagnie doit être unanime et tout le monde a son mot à dire… et ça fonctionne à merveille!).
Finalement, c’est une revue pour les gens qui osent penser différemment, qui veulent changer le monde et qui n’attendent pas que quelqu’un d’autre le face à leur place.
À lire!!
mercredi 20 juin 2007
N comme "nono"
Je ne sais pas pourquoi mais, on dirait que des fois (pas toujours bien sûr), le qualificatif par excellence qui vient tout de suite à l'idée de mes amours pour me décrire est: NONO!
Je me souviens encore d'un temps (ça sonne pas jeune jeune ça LOL!) où mon 2e me disait avec de grands yeux pleins d'admiration "téééé fouuuu papa!". C'étais alors un véritable compliment qui faisait suite à des folies ou des blagues de ma part. Cette petite expression toute cute est maintenant rendue "té NONO!". Le regard admiratif s'est changé pour un roulement des yeux... Il est vrai que je peux être (des fois) baveux avec ma gang et peut-être même qu'avec un effort j'arrive quelques fois à dire des niaiseries mais de là à me traiter de NONO...(!) :oD
Tant qu'à y être, je suis NONO d'avoir pensé lire ce matin un nouveau message de Mèreplexe sur ce blogue car, elle est pas mal pré-occupée et même full-occupée ces temps-ci...!
Suis-je aussi NONO de composer ce texte pour essayer de compenser? Je sais bien que ce je ne suis pas à la hauteur de cette Mèreplexe que j'adore... Enfin, je suis différent probablement.
Suis-je NONO de m'aventurer dans un JAM musical dans un bar de Montréal pour la première fois à 37 ans? (Peut-être oui pour celle là LOL!)
À bien y penser, j'aime mieux être NONO que niaiseux ou pire... :o)
Je vous laisse là dessus en espérant vous avoir diverti en attendant le prochain post de ma douce...
Nonoment vôtre,
=o)
mardi 19 juin 2007
M comme misère
Moi qui croyait avoir décidé clairement que je ne voulais plus me faire de misère, que je prenais un break de défis, de nouvelles marches à monter... une pause bien méritée! Que j'étais maintenant rendue assez sage pour être satisfaite de moi, même si je ne décrochais pas la lune! Et bien je travaille cette semaine sur un nouveau (gros) show, à me faire entraîner par l'autre régisseure pour la remplacer ce jeudi pour un double (deux shows à enregistrer dans la même journée). Et je suis super STRESSÉE!! En plus j'ai accepté un remplacement à la mi-juillet sur une grosse dramatique, et comme je n'ai fait que du variété à date dans ma carrière de régisseure, je me retrouve dans quelque chose de complètement nouveau, immense et STRESSANT!
Je sais, c'est normal avec la job que je fais, je suis toujours en apprentissage, d'une série à l'autre, d'une émission à l'autre, ma job est différente et c'est une période de stress au début. Mais j'aimerais tellement ça prendre un break pour un bout et faire des petits shows faciles, tranquilles!!!
J'imagine que malgré mes bonnes intentions de cesser de m'évaluer selon les défis accomplis, je continue à les appeller INCONSCIEMMENT! J'accepte les opportunités qui passent car je ne suis pas en position de faire autrement présentement... mais pourquoi pas de belles petites opportunités toutes mignonnes et toutes petites? Est-ce que ces shows qui me sont proposés présentement seraient des réponses qui continuent d'affluer à cause de mes appels des derniers 10 ans de "envoyez-moi zen des grosses affaires, chu capab d'en prendre?". (à qui de droit, je n'appelle plus, j'ai raccroché, vous n'entendez que l'écho!)
Ce n'est pas que je voudrais m'asseoir sur mes lauriers mais... je voudrais disons, m'accroupir sur mes lauriers? Me pencher vers mes lauriers? Au moins regarder juste un peu mes foutus lauriers!?!?!
Et non, je dois retourner à la cueillette des lauriers...
Ah misère!
lundi 18 juin 2007
L comme lâcher
Lâcher prise.
Un avantage imprévu de ce blogue est qu'il m'apprends à lâcher prise. J'ai toujours aimé écrire, et j'ai toujours pris mon temps pour peaufiner mon texte, pour vraiment m'assurer qu'il exprimait exactement mon idée. Avec le désir d'entretenir un blog "quasi" quotidien, je ne peux me permettre de passer autant de temps sur chaque écrit. Avec l'horaire de travail que j'ai (et aucun accès à un ordinateur pendant mon temps en studio), et avec l'importance que j'accorde à mon temps familial, le temps qu'il me reste est assez limité, je dois lâcher prise et régulièrement poster un texte qui n'est pas tout à fait à mon goût. Il aurait pu être plus drôle, plus clair, plus profond.
Mais j'y arrive. Et c'est une autre façon pour moi, de repousser mes limites.
p.s.: horaire de fou cette semaine! Mes textes seront brefs, si textes il y a!
jeudi 14 juin 2007
K comme Ken
Eh non, je ne parle pas du Ken de Barbie, comment pourrais-je en parler? Je n’ai jamais pu le connaître car ma mère ne voulait pas que je l’aie! J’avais 12 Barbies, mais aucun Ken… J’imagine qu’elle avait peur que nous nous retrouvions avec plein de petites Barbies illégitimes! Ma mère est très catholique je vous l’avais dit?
En tout cas… Le Ken en question dont je veux vous parler est Ken Grimwood, l’auteur (malheureusement décédé aujourd’hui) d’un de mes livres préférés : REPLAY.
Replay c’est l’histoire d’un homme de 50 ans, qui pendant une conversation téléphonique banale avec son épouse, meurt d’une crise cardiaque (non je n’ai pas ruiné le punch, c’est le début de l’histoire). Donc il meurt, et au lieu de se retrouver au ciel, assis sur un petit nuage avec les petits oiseaux cui-cui et le petit Jésus, (et les Barbies pas de Ken) il se retrouve plutôt dans sa chambre de jeunesse, à 16 ans. Il recommence sa vie. Après une période d’ajustement, il fait des choix, différents, et rendu à 50 ans, meurt encore d’une crise cardiaque, pour se réveiller encore, un peu plus vieux cette fois, et repartir une nouvelle vie.
J’ai adoré ce livre parce qu’il explore à fond le fait d’avoir une deuxième (troisième, quatrième…) chance et l’idée de faire des choix de 16 ans avec la sagesse d’une vie de 50 ans, et plus.
C’est assez rare les livres que je relis plusieurs fois, et celui-ci en est un que je re-dévore aux 3 ou 4 ans. Je vous le recommande vraiment.
J comme jouer
Il y a quelques années, j’étais dans un magasin à rayons avec fiston #2 (qui avait 13 ans à ce moment là). Sortie de nulle part, j’eus soudain une envie irrésistible de jouer à quelque chose que mes enfants adoraient lorsqu’ils étaient plus jeunes, et j’ai tourné rapidement dans une rangée pour me cacher dans la section des vêtements. Penchée entre deux « racks » de manteaux pour ne pas qu’il me voit, je l’entendais dire « Maman! Qu’est-ce que tu fais? » D’un air moitié amusé, moitié gêné. Bien sûr, il ne put résister à la tentation de me trouver, et tout en me poursuivant comme ça dans les rangées, ne cessait de répéter en riant : « Maman! On a l’air fou! », mais continuait tout de même à me chasser.
Le sentiment que j’ai vécu à ce moment là est indescriptible. J’étais tellement crampée, j’avais 5 ans, et rien ne comptait plus que ce jeu, je me foutais de ce que j’avais l’air, j’étais complètement dans l’instant présent, et emplie d’espièglerie et de rire comme je ne l’avais pas été depuis des dizaines d’années.
Notre course s’est terminée lorsque je suis arrivée en pleine face avec une vendeuse en tournant le coin d’une rangée et qu’essoufflée et tordue de rire, je n’ai rien trouvé à dire pour expliquer mon comportement.
Je me suis promis après cette escapade dans le monde de l’enfance de ne plus jamais oublier cette partie de moi. Et j’essaie vraiment de réintégrer dans ma vie très adulte et responsable des moments où je m’amuse, où je joue, où je cesse de me prendre au sérieux.
Ça demande vraiment un effort, mais ça vaut la peine.
Et vous, avez-vous oublié ce sentiment? Êtes-vous « game » de le retrouver?